Pourquoi l'entretien annuel est souvent inutile ou raté

18 novembre 2022

Les collaborateurs ont absolument besoin de savoir qu'ils sont bien encadrés et considérés par leur manager. Or trop d'entreprises laissent employés et managers vivre ce rendez-vous, à forte dimension émotionnelle, comme un pensum ou une contrainte.

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On ne cesse d'annoncer sa suppression mais, chaque année, il reprend du service. Le rituel de l'entretien annuel, bientôt de retour en entreprise, est pourtant redouté par 41 % des cadres et 42 % des professions intermédiaires ainsi que par 44 % des employés et 36 % des ouvriers, alors que c'est souvent leur seule occasion de se faire entendre, nous apprend une toute récente étude Javelo, réalisée par OpinionWay.

Trop d'entreprises laissent employés et managers vivre ce rendez-vous, à forte dimension émotionnelle, comme un pensum ou une contrainte. A l'heure où elles sont confrontées à des problématiques d'engagement et à une montée en puissance des démissions - effectives comme silencieuses (le « quiet quitting », en jargon professionnel) -, il est étonnant que les organisations n'accordent pas davantage d'importance à la manière dont elles évaluent leurs collaborateurs. Cela est d'autant plus dommage que 79 % des salariés (86 % des moins de 35 ans) estiment qu'un entretien « amélioré » pourrait contribuer à les fidéliser.

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« Il vaudrait mieux, tout au long de l'année, nourrir les échanges entre managers et managés de multiples retours d'appréciations ( feedbacks , en jargon professionnel) quant aux réalisations, points de désaccord et moyens octroyés pour réaliser des objectifs réalistes et atteignables en un temps raisonnable. La temporalité de l'entretien annuel n'est vraiment pas la bonne », juge Paul Baratte, directeur du marketing de Javelo, solution de management de la performance et de gestion des talents.

Mais revisiter ce rituel nécessiterait de revoir le mode de management en place. Les entreprises y sont-elles disposées ?

Quelques-unes - Accenture, ADP, Orange, Google - ont revu voire abandonné ce rituel annuel au profit de multiples feedbacks. Nombre d'organisations, en quête de flexibilité, l'ont digitalisé (…)

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Quid aussi des situations matricielles et des modes projet qui multiplient les managers ? « Il m'est arrivé d'être évalué par un N+1 américain, qui ne m'avait jamais rencontré », déplore un cadre intermédiaire. Autant de situations problématiques quand on sait que la première source de démotivation des salariés est l'absence de reconnaissance et de considération de la part de leur hiérarchie.

« Générateur d'énergie, le manager doit prendre en compte l'humain avant les résultats. Le collaborateur réussit dans le domaine, où il lui envoie des messages positifs et le valorise sur ce qu'il fait de bien », pointe Edmée De N'Nah, coach en gestion de carrières et leadership conscient.

Que serait alors un entretien annuel réussi ?
Un échange sur un pied d'égalité, idéalise 29 % des personnes interrogées par OpinonWay.
Un rendez-vous qui « évoque davantage le bien-être et les besoins du salarié », prônent 40 % des sondés. Et/ou qui fait « suivre les sujets évoqués par davantage d'actions concrètes (formation, primes, etc.) » pour 36 %. Les collaborateurs ont absolument besoin de savoir vers où ils vont.