Déconsolidation prise de participation les méthodes financières pour améliorer la rentabilité. sept 2017

26 septembre 2017



Création de Schneider Electric Solar, pour un désengagement progressif  


Lors du CCE du 18 septembre, la direction a annoncé la création d’une nouvelle entité Schneider Electric Solar, destinée à reprendre l’activité et les salariés de la BU Solar. Ces derniers sont au nombre de 615 dans le monde, dont 82 en France. Schneider Electric conservera une part majoritaire du capital, le reste étant réparti entre plusieurs managers. Mais en mettant en place une gouvernance dans laquelle Schneider aura un pouvoir de décision minoritaire, cette nouvelle entité pourra être « déconsolidée » pour améliorer la marge du groupe.

Cette activité de 229M$, jugée d’avenir et stratégique pendant des années, n’est plus en odeur de sainteté du fait de ses pertes récurrentes. Elles sont dues aux investissements permanents en R&D, dans un marché très concurrentiel, où les prix baissent de 6 à 8% par an. De plus, dans ce secteur en forte croissance, dominé par des acteurs Chinois, l’entité Schneider Electric ne dispose que d’une faible part de marché, et doit, selon la direction, relever plusieurs défis : être plus « agile », croître, en n’excluant pas d’éventuels partenariats et réduire ses coûts.

Sur la France, les salariés basés principalement sur Grenoble et en agences sont piégés par cette décision stratégique, puisqu’ils vont être automatiquement transférés dans la nouvelle filiale à partir du 1/04/2018. Si dans un premier temps leurs statuts seront conservés (convention de la Métallurgie, accords de groupe Schneider), la direction n’a pas exclu que l’organisation et la durée du travail puissent être renégociées (pour travailler plus, avec moins de JRTT ?). Sous le diktat de la rentabilité, les salariés devront subir et s’adapter ! 


La déconsolidation de Delixi en 2016, un exemple de la stratégie financière


En 2016, Schneider Electric a réalisé une « déconsolidation » comptable de la Joint-Venture avec Delixi détenue à 50% par Schneider, ce qui a permis d’améliorer la marge du groupe de 0,4 point en 2016 (*). 

Désormais, pour Schneider Electric, à l’image de cette union pourtant stratégique avec un leader chinois d’appareillage électrique, mieux vaut « déconsolider » une activité, quitte à perdre une part du contrôle, dès lors que la marge d’exploitation de l’entité (ici de 10%), dégrade notablement celles des BU et du groupe.

(*) Depuis 2016, la JV Delixi est désormais consolidée par « mise en équivalence » au lieu d’une « intégration globale » selon la norme IFRS10. 


L’activité de recharge des véhicules électriques en sursis ? 


L’activité bornes de recharge de véhicules électriques qui a réalisé un chiffre d’affaires d’un peu plus de 10M€ en 2016 est en perte du fait de nombreux investissements non compensés par les ventes actuelles. Bien que cette activité ait été soutenue au plus haut niveau par notre PDG et présentée comme une vitrine sur de nombreux sites de l’entreprise, Schneider Electric a déjà tenté sans succès à deux reprises depuis fin 2016 de bâtir des partenariats avec des entreprises extérieures pour déconsolider cette activité du groupe. 

Sur le plan social en France, elle concerne une dizaine de salariés en production chez SEF Angoulême aux Agriers et une quinzaine de salariés des fonctions marketing, commerce, qualité et R&D sur le reste du territoire. 

Ces salariés en sursis restent tributaires d’un éventuel nouveau montage de désengagement et ses conséquences sociales.  


Une prise de participation dans Aveva contribuant à l’accroissement de la marge 


Début septembre, Schneider Electric a annoncé la conclusion d’un accord avec Aveva pour former d’ici fin 2017 une nouvelle entité, leader mondial dans le domaine des logiciels industriels et d’ingénierie. La jeune filiale Schneider Electric Software sera absorbée par le nouvel ensemble dans lequel Schneider Electric détiendra 60% du capital. Cette nouvelle entité qui réalisait fin mars un chiffre d’affaire proforma de 590M€, devrait procurer une marge d’exploitation de 22%, bien supérieure à celle du groupe Schneider de 14%.
Cette opération, relutive sur les résultats, prévoit que Schneider puisse accroitre sa participation à 75%, 2 ans après la clôture de l’acquisition prévue fin 2017, puis prendre le contrôle total de l’entité, 18 mois plus tard. 


Désengagement des postes béton Epsys, une étape pour améliorer la marge d’Energy 


Fin mars il a été annoncé la vente de 80% du capital d’Epsys au profit d’un ancien cadre dirigeant de France Transfo et d’un investisseur externe. En gardant 20% du capital, Schneider souhaite conserver un partenariat commercial pour écouler son offre. En effet cette activité de 75M€ de chiffre d’affaires a été développée et soutenue par Schneider Electric depuis des décennies pour maximiser l’écoulement de l’offre complète MT/BT sur le marché français. Mais sa faible marge d’exploitation à 1 seul chiffre, n’est plus acceptée par la direction financière, car elle dégrade celles de la BU Energy (10%) et du groupe (14%).

Effective au 1er juillet, l’opération financière a conduit les 200 salariés d’Epsys St Alban et Montoire à quitter le groupe Schneider. Leurs contrats de travail demeurent attachés à la nouvelle entité Epsys. Ils conservent le statut lié à la convention de la métallurgie, mais les avantages sociaux liés aux accords d’épargne et de prévoyance groupe seront sujets à renégociation. On peut craindre que pour rentabiliser leur investissement financier, les nouveaux actionnaires soient tentés de revoir à la baisse ces avantages ainsi que l’organisation du temps de travail… 


Désengagement massif des activités peu rentables d’Energy en 2018 ?  


Lors du CCE du 18 septembre, la direction est restée muette sur ses intentions. Pourtant, suite aux derniers résultats semestriels, tout porte à croire que Schneider se dirige vers un désengagement de près de la moitié de son activité Energy, d’ici à mi 2018. Comme communiqué dans la presse aux investisseurs, Schneider Electric scinde désormais la BU Energy en 2 catégories, avec des orientations stratégiques bien différentes :  

  - « Les activités MT en croissance et en synergie avec les activités BT (produits MT, services, EcoStruxure Grid), qui réalisent 2,5 milliards €, avec une marge d’exploitation de 15 %, ont vocation à se développer.

  - La partie constituée principalement d’équipements et de projets réalisant un chiffre d’affaires de 2 Milliards €, avec une marge d’exploitation autour de 5%, fera l’objet de mesures additionnelles visant à accroître l’efficacité de l’activité et du Groupe. Il est envisagé la mise en place d'une nouvelle organisation conçue pour encourager une plus grande agilité et autonomie et qui tiendra compte des spécificités de cette activité. Elle s’appuierait sur une implantation industrielle dédiée et une force de vente spécialisée et aurait pour objectif de poursuivre la forte amélioration de la performance au cours de 12 prochains mois, tandis que le Groupe réalisera une revue stratégique et explorera toutes les options. » 


S’achemine-t’on vers des filialisations, cessions, arrêts et/ou recherche de partenariats pour déconsolider l’activité ? Quelles entités seront touchées ? Après le démantèlement de Transfo Petit Quevilly, Rectiphase, Saint Soupplets, Quid de l’avenir d’EMT, AMT, MG Loire, REC, France Transfo, SE Telecontrol, etc ? Et quelles conséquences pour près de 2000 salariés potentiellement concernés ? 


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