Surenchères pour la rentrée 2016… Et nouveau cadre du dialogue social. sept 2016

19 septembre 2016



Les prochaines élections attisent des propositions de réformes aux conséquences inconnues


Après le référendum sur le « Brexit » du Royaume Uni, la France, tout comme les Etats Unis, est désormais soumise aux propositions les plus variées des candidats aux élections présidentielles déjà en campagne. Baisses massives d’impôts et de charges pour les entreprises, réduction du nombre de fonctionnaires, refonte du code du travail, fermeture des frontières avec éventuelle sortie de l’Europe ou de l’euro, relance des investissements par de nouvelles augmentations des dépenses publiques, tout y passe sur la façon de redresser notre pays et séduire tel ou tel pan de l’électorat, avec des conséquences sociales inconnues à moyen terme… 

Si par exemple, après les élections, priorité était donnée à une relance libérale de l’économie et des entreprises, qu’adviendrait-il du modèle social actuel ? La durée du travail augmenterait-t-elle ? La flexibilité irait-t-elle en s’accélérant ? La relative sécurité du contrat de travail à Durée Indéterminée disparaîtrait-t-elle? Les modalités d’indemnisation du chômage seraient-elles revues à la baisse ? L’âge légal de départ à la retraite serait-t-il à nouveau repoussé de 62 à 65 ans ? Et pourtant, les propositions des candidats, brutales pour certaines, mèneraient-elles véritablement à la baisse du chômage, alors que l’économie ne cesse de ralentir au niveau mondial, que les entreprises continuent à réduire leur coûts en se débarrassant des seniors et à pratiquer la modération salariale, pour redistribuer toujours plus aux actionnaires ? Y-a-t-il une alternative, pour un redressement de l’économie et de l’emploi en douceur, par une voie moins douloureuse sur le plan social, qui n’isolerait pas la France du reste du monde, ni ne la condamnerait financièrement à long terme par un endettement excessif ?

La CFTC, source de réflexion et de propositions pour défendre l’intérêt des salariés au sein de l’entreprise, n’a pas vocation à répondre à ces questions politiques, dont les décisions, seront soumises au suffrage universel, avec des conséquences sociales restant à découvrir. 


Schneider revoit à la hausse les prévisions de résultats 2016, mais quid de la pérénité ? 


Schneider a révisé publiquement à la hausse les prévisions de résultat 2016, à l’occasion de la communication des résultats semestriels le 28 juillet dernier, en s’appuyant sur les « initiatives de réduction de coûts et de simplification », dans un contexte de croissance nulle, qui dure maintenant depuis plusieurs années. Cette communication officielle a beaucoup plu aux marchés financiers, puisque depuis, l’action Schneider a grimpé de +8%, tandis que le CAC 40 n’a grappillé que +2%. Par ailleurs, le 2 septembre, Schneider a emprunté 800 millions d’euros sur 8 ans, au taux historiquement bas de 0,25%, auprès d’investisseurs plus rassurés que jamais sur la bonne santé de l’entreprise. Ce financement à taux très bas est indiscutablement profitable à l’entreprise. 

Mais attention cependant aux effets pervers de mesures récurrentes de réduction de coûts, destinées coûte que coûte à augmenter le résultat court terme, au détriment éventuel de la pérennité de l’entreprise…  


Loi travail, plus de poids donné aux syndicats et salariés pour les négociations d’entreprise  


Après le passage en force cet été de la nouvelle loi travail très controversée et les décrets à paraître jusqu’à la fin de l’année, le dialogue social en entreprise va nécessairement se renforcer pour rechercher une plus forte adhésion des syndicats et éventuellement des salariés. La loi comprend de nombreux autres points discutables, dont on ne sait pas encore comment ils seront véritablement déclinés en entreprise.  

Selon la loi, pour qu’un accord soit applicable en entreprise, il devra réunir la signature d’une majorité absolue de syndicats, représentant 50% des voix obtenues aux dernières élections professionnelles, contre seulement 30% actuellement. Dans le cas où ces 50% ne seraient pas atteints, les salariés pourraient être consultés par référendum, pour se prononcer majoritairement pour ou contre l’application d’un accord. Dès le 1er janvier 2017, la loi prévoit l’application de cette règle majoritaire pour les négociations sur la durée du travail, les repos et les congés. D’autres thèmes de négociation pourraient concernés, mais à une échéance indéterminée.  

Dans l’entreprise SEI-SEF et les établissements où aucun syndicat n’a la majorité absolue, la direction devra composer avec plusieurs syndicats. Pour mémoire depuis 2015, la CFTC, 2ème syndicat sur SEI-SEF avec plus de 22% des voix, pèse environ 35% sur Grenoble et Beaumont le Roger, 21% sur ACS (Agences Commerce et Services), 15% sur La Région Parisienne et Angoulême et pas loin de 10% au Vaudreuil.  


Chez Schneider, un nouvel interlocuteur venant du MEDEF pour conduire le dialogue social 


Hasard du calendrier ou non, Antoine Foucher vient de rejoindre Schneider au 1er septembre pour assurer le nouveau dialogue social au niveau du territoire France.

Ancien Directeur Général adjoint du MEDEF, en charge du Pôle Social (formation, éducation, protection sociale, relations sociales…), il a travaillé en étroite relation avec les entreprises, les ministères et les universités. Avant d’entrer au MEDEF, il a commencé sa carrière dans les Ressources Humaines chez Thales, a été administrateur au Sénat et a travaillé au ministère du Travail. Dans la presse, il dit souhaiter être plus près du monde de l’entreprise, pour « vérifier que les dispositifs qu’il a contribué à construire fonctionnent ». Il est qualifié de réformiste, partisan d’un dialogue paritaire simplifié, préférant la démocratie sociale aux lois du marché ou issues de décisions gouvernementales.

Dès fin septembre, plusieurs négociations sont déjà planifiées chez Schneider au niveau national :

  • Discussions pour un accord sur le télétravail
  • Transformation de la mutuelle (petit risque santé)
  • Harmonisation des statuts des salariés de Schneider Automation, absorbé par SEF au 1er juillet dernier. 

La CFTC souhaite la bienvenue à notre nouvel interlocuteur, sans pour autant cautionner ses objectifs. En espérant que les revendications constructives remontées par les salariés seront prises en compte. 


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