La crise, une opportunité pour que l’entreprise redécouvre ses valeurs originelles ?

22 avril 2020

L’irruption du Covid-19 en ce début d’année, a fait l’effet d’un tsunami. Ce virus aura des conséquences à long terme, sociales, économiques et financières.

Depuis 20 ans, nous subissons une accélération des épidémies (SRAS, H1N1, MERS..) amplifiée par :

· une démographie galopante,

· une concentration des populations dans des mégalopoles souvent insalubres

            · plus de 4 milliards de passagers par an et 100 000 vols commerciaux par jour.

· la mondialisation des entreprises à la recherche de coût du travail toujours plus bas.

Depuis la mi-mars, comme près de la moitié de l’humanité, la France est confinée. Face à cette situation inédite, les entreprises dont Schneider ont réagit dans l’urgence avec un mot d’ordre : «Protéger les salariés, et en même temps, produire et livrer les clients ».

Une crise qui va modifier durablement les comportements de chacun

Ce virus, très contagieux oblige à repenser les modes de fonctionnement, l’organisation de l’entreprise et bouleverse les habitudes, avec des répercussions sur le travail et les relations sociales entre collègues.

Les conditions de santé, sécurité au travail à réinventer

Les premiers changements ont été réalisés mi-mars dans l’urgence pour les unités de fabrication.

Cette étape de réorganisation avait pour objectif de permettre aux personnels de production, dont on peut saluer le courage, de travailler en sécurité, conditions préalables à tout redémarrage de l’activité.

Des nouvelles procédures ont été établies pendant la crise qui seront probablement maintenues et pérennisées : distanciation physique, désinfection des postes, port des équipements de sécurité tels que les masques.

Une réflexion s’imposera à postériori pour vérifier que nos méthodes de production, l’organisation des postes de travail, le croisement des personnels et le fonctionnement des équipes nous permettent d’être prêts pour le futur. Tous les sites du territoire devront faire l’objet d’une analyse sérieuse.

Dans les sites tertiaires, la conception des bureaux partagés et espaces communs doit prendre en compte ces nouveaux risques

La direction s’est orientée depuis 2 ans vers une intensification de l’implantation des « Open-space » et ainsi densifier les sites en concentrant (8 places pour 10 personnes) les salariés sur un nombre réduit de bureaux.

Mais … cette mode d’espaces partagés, denses dont la direction a vanté les avantages notamment pour la collaboration, va t’elle survivre au virus ?

Dans un contexte où la distanciation devient importante, ces mètres linéaires de bureaux à utilisateurs multiples ne répondent plus aux recommandations. Ils vont devoir être réaménagés pour répondre aux exigences de respect de distance. La mise à disposition de kit de nettoyage s’imposera également pour gérer les changements d’utilisateur.

Les risques du télétravail et de la digitalisation doivent être mieux maitrisés pour ne pas dégénérer en asservissement et isolement.

Même si les outils numériques permettent, grâce au télétravail, une certaine continuité de l’activité, les salariés sont fortement bousculés

Le télétravail généralisé durant cette période a mis en évidence de nombreuses dérives : envahissement de la sphère privée avec souvent des réunions à toute à heure, sans parler des salariés parents de jeunes enfants qui doivent, en plus, assurer l’école et la garde de leurs enfants.

L’entreprise pourrait être tentée d’étendre les conditions du télétravail pour les avantages que cela lui procure.

La CFTC sera pro-active dans le cadre d’une éventuelle renégociation pour encadrer les pratiques.

 

Vers l’opportunité d’une vision plus responsable et plus humaine pour le groupe ?

La situation actuelle met en évidence les faiblesses du groupe dont les délocalisations à outrance le rendent trop dépendant de certaines zones.

Aujourd’hui, Schneider est sous-tension, et doit faire face à des difficultés d’approvisionnements liés à l’arrêt de de ses fournisseurs dans de nombreux pays, , aggravée par sa propre politique d’optimisation des stocks.

L’arrêt brutal des transports indispensables à la livraison de sous-ensembles et la forte hausse des tarifs du fret, quand ils sont possibles engendrent des ruptures et des surcoûts et conduisent l’entreprise à vendre ce qu’elle a.

Dans ce contexte, l’obsession du coût et de la productivité montre ses limites, n’est-il pas opportun de retravailler les circuits-courts et de rapatrier certaines des productions régionalement en intégrant véritablement les enjeux de développement durable dans la stratégie ?

La R&D n’a pas échappé à cette logique de productivité et désormais beaucoup d’offres sont sous la responsabilité de pays connus pour leur manque de transparence. La maitrise de la R & D en Europe est en train de se diluer et pourrait mettre en danger l’indépendance technologique du groupe.

 

Cette pandémie met en évidence les dysfonctionnements et les risques liés à la trop forte dépendance auprès de certains états comme la Chine.

Ne serait-il pas opportun de repenser la stratégie en tenant compte des nouveaux enjeux géopolitiques, technologiques, sanitaires et écologiques ?

 

 

 



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