Schneider Electric a annoncé le rachat de l’éditeur américain PTC, cette opération, la plus importante de l’histoire du Groupe, doit renforcer fortement son positionnement dans les logiciels industriels et l’intelligence artificielle. Elle fait suite aux acquisitions récentes de Cognite (2,7Milliards d’euros) et de Shelly (1,2Milliards d’euros).
Un défi stratégique à 21 milliards d’euros
PTC est une société américaine spécialisée dans la gestion du cycle de vie des produits (PLM).
Elle conçoit des logiciels de conception industrielle CAD et de gestion du cycle de vie des produits, (Schneider utilise déjà Créo, Windchill).
Cette acquisition permettra à Schneider, non seulement de vendre des solutions de gestion d’énergie, et d’exploitation de process industriel mais également de se positionner sur la vie numérique des produits et process de leur conception jusqu’à l’obsolescence en passant par la maintenance.
Schneider veut constituer ainsi une plateforme complète de logiciels industriels et d’IA avec EcoStruxure, AVEVA, Cognite et PTC qui le positionnera, immédiatement comme un des leaders mondiaux sur le marché du PLM.
Ce marché estimé à 25 milliards d’euros et dont les principaux acteurs sont Dassault Systèmes (25 % de part de marché) suivi d'Autodesk et de Siemens affiche une croissance d’environ 9% par an. L’acquisition de PTC permettra à Schneider de combler ses écarts de portefeuilles avec SIEMENS.
Aujourd’hui, PTC génère un chiffre d’affaires annuel de 2,4 milliards d’euros sur les marchés industriels, d’infrastructures, de transport et l’électronique. Schneider annonce pouvoir réaliser 250 millions d’euros de synergies sur 3 ans et 800millions d’euros de revenus croisés.
Une opération immédiatement sanctionnée par une baisse de l‘action !
La bourse n’a pas salué cette opération puisque le cours de l’action a plongé de 17% en trois jours faisant passer la valorisation de Schneider de 175 à 145 milliards d’euros. Prise de bénéfices ou manque de confiance dans la décision ? Pour autant les investisseurs ne semblent pas contester la logique industrielle mais ils s’inquiètent :
- Du prix jugé trop élevé (prime de 42% vs le dernier cours de PTC)
- De la croissance de l’endettement de Schneider alors que les coûts d’emprunt explosent
- Des risques liés à l’intégration de cette nouvelle entreprise et aux synergies annoncées jugées trop optimistes
- Des incertitudes liées à l’essor de l’intelligence artificielle sont également soulignées.
Pour la CFTC la capacité du groupe à valoriser, dans son bilan, les acquisitions est un réel point d’attention. Aujourd’hui, ces informations sont volontairement opaques.
La CFTC ne portera pas de jugement sur la stratégie qui est bien du domaine du COMEX, mais elle s’inquiète sur la possible revente d’activités moins rentables qui pourrait aider au financement de PTC.



